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Des salariés pas comme les autres
Les inquiétudes des artisans pêcheurs

En attendant la nouvelle vague

Chantiers navals entre deux eaux

Impossible traçabilité

Pêche sous surveillance

 

> Jacky Sellin est marin depuis l'âge de quatorze ans. Il parle de ses conditions de travail de pêcheur hauturier.

"Moi, j'attends que ça se termine"



Recherche jeunes diplômés niveau BEP pour travail au grand air, deux mois de vacances garantis, pour un salaire de 3000 euros mensuel environ.
Derrière cette alléchante annonce se cache une réalité plus perplexe. Le métier de marin pêcheur malgré son attrait financier, n’attire plus les foules. Les jeunes bretons ont déserté les ports de pêche, au grand désespoir des anciens. Fainéants les jeunes ? L’origine du malaise est ailleurs.

Des salariés
pas comme les autres


> Recrutement : quelles solutions ?
La pêche hauturière fait face à d’importantes difficultés de recrutement. Quand elles ne parviennent à engager des marins locaux, les sociétés d’armement, dans la limite prévue par la loi, font appel à des pêcheurs venus de Pologne.

Jo Loussouarn, directeur des armements La Houle

Pierre Joncour,
patron des armements Les Embruns.


La pêche côtière souffre moins de ce manque de bras. Pourtant, lorsque des marins sont alités, ce sont parfois des retraités qui les remplacent.
Eugène est l’un d'eux, engagé pour une nuit sur le
sardinier, Sked Mor.


> Recherche marins
pêcheurs désespérément

Confronté à un manque chronique de main d’œuvre, les organisations professionnelles du monde de la pêche ont décidé de réagir. Fin mars 2003 s’ouvre à l’ANPE de Pont l’Abbé, une formation destinée à préparer à la profession des personnes sorties du milieu scolaire.
Cette initiative financée à 90 % par le conseil régional de Bretagne, fait suite à une demande de la préfecture du Finistère. En mars 2002, lorsque des armateurs bigoudens envisagent d’embarquer des marins polonais sur leurs bateaux, le préfet de Quimper décide de conditionner l’obtention des autorisations de séjour à la mise en place d’une formation continue.
D’une durée de trois mois, elle préparera 18 personnes de tous âges au métier de pêcheur, avec à la clé un CIP, un contrat d’initiation à la pêche, sésame pour officier sur un navire. Cette formation, une première en pays bigouden pourrait être reconduite en cas de succès.
En marge de l’école, d’autres portes d’entrée dans la profession sont désormais ouvertes.
Des voies d'accès sans doute insuffisantes. Compte tenu de la pyramide des âges, le manque de pêcheurs pourrait à l'avenir se faire pénurie.

Aude Chopplet et Jérôme Cadet


> Au mois de mars, une nuit en mer, sans pêche n’est pas une honte. L’équipage du Sked Mor avait embarqué à 3 heures du matin. Sans grande conviction, ils partent en Baie d’Audierne, rejoindre 6 autres bateaux en quête de sardines. Le capitaine, Stéphane Cecchini avait prévenu, " avec la pleine lune en guise de lampadaire, le poisson ne sera sans doute pas au rendez-vous ".
Pendant 4 heures, il scrute ses radars bien trop calmes et écoute ses collègues.
C’est vers 6 heures du matin qu’il réveille les 4 hommes à bord et lâche le filet. Pour rien…Un mousqueton mal fixé et le filet part s’enrouler autour de l’hélice. Résultat : une petite dizaine de sardines rendues aux mouettes, des litres de fuel et six heures perdus.
En mer, tout travail ne mérite pas salaire.



> Sur la piste des "nordistes"
La pêche hauturière concerne les bateaux qui effectuent des sorties de plus de 96 heures.
A Saint-Guénolé, 16 navires, propriétés d’armateurs, sont concernés par cette pêche au large. Les "nordistes" partent pour quinze jours, direction la mer d’Irlande avec à leur bord sept hommes dont un capitaine et un mécanicien. Deux mois de vacances par an, les plus beaux salaires de la flotte bigoudène : ces marées ne manquent pas d’attrait. Pourtant, rares sont les marins à s’y risquer, souvent rebutés par les conditions de travail et la durée des missions.
Visite guidée d’un des fleurons de cette armada : le Ar Voaleden.