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Des salariés pas comme les autres
Les inquiétudes des artisans pêcheurs

En attendant la nouvelle vague

Chantiers navals entre deux eaux

Impossible traçabilité

Pêche sous surveillance

> Ce magazine multimédia a été réalisé par les étudiants de l'IUT de journalisme de Bordeaux.
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A la base de la filière pêche, le chantier naval. Comme l’ensemble de la filière, ce secteur a subi la crise de 1993 et reste fragile. Si certaines entreprises de construction de bateaux sont encore là aujourd’hui - et elles ne sont plus qu’une dizaine en France actuellement - c’est qu’elles ont su s’adapter et se diversifier dans les moments difficiles. Mais rien est encore gagné.
Chantiers navals
entre deux eaux

> Le bois toujours le bois...
Malgré la concurrence de l’acier et de la résine, le bois semble encore avoir de beaux jours devant lui. Solidité, durée de vie, ce matériau présente des qualités intéressantes. Xavier Malavasi, charpentier naval au chantier de Saint-Guénolé, n’en doute pas.

> Etuve, bouchain et autres bordés...
C’est une évidence : le bois est un matériau difficile à travailler. Construire un bateau en bois demande donc une grande maîtrise de cet élément. Notamment pour former les bordés, ces planches de bois longitudinales qui dessinent la coque. Petit cours de charpenterie navale avec Xavier Malavasi.

> En mal d'ouvriers

1) Les carnets de commande du chantier naval de Saint-Guénolé sont bien remplis en ce début d’année 2003. Trop remplis, même. Avec seulement sept salariés, Michel Canévet, gérant du chantier, a du mal à répondre à la demande…

2) … Premier obstacle : trouver des ouvriers qualifiés. Michel Canévet met en cause la crise qui a touché le monde de la pêche en 1993…

3) … Parallèlement, le métier souffre du désintéressement des jeunes. Pour le patron du chantier naval, cela semble clair : la jeunesse d’aujourd’hui n’est plus attirée par la construction des bateaux…

4) … Une construction qui se fait d’ailleurs de plus en plus rare. Les directives européennes tentent de freiner la fabrication de nouveaux navires. Du coup, le chantier naval rénove des bateaux qui auparavant auraient été détruits… C’est le cas de l’Etendard, un sardinier qui affiche plusieurs décennies au compteur. Pourtant, l’embarcation ne semble pas prête à quitter la mer… pour preuve, dans deux ans, Robert Scuiller, actuel mécanicien à bord, en deviendra propriétaire…

5) … Pour l’heure, l’Etendard doit être immobilisé pendant un mois… une situation qui n’est pas sans conséquences pour l’équipage. Sans outil de travail, l’argent ne rentre plus dans les caisses…

6) … Malgré les sacrifices imposés aux équipages de marins, les demandes de rénovation sont nombreuses… Et supplantent aujourd’hui les travaux de construction. Au grand regret des charpentiers.


Jessica Agache et Stéphanie Diou


 


> Constructions : vers la fin des subventions
Candidats à l’achat d’un bateau neuf, pressez-vous ! D’ici à 2005, les aides à la construction de bateaux pourraient bien disparaître. C’est en tout cas la volonté de Bruxelles, qui souhaite réduire la flotte européenne pour limiter la pêche et ainsi protéger la population des poissons. Les textes d’application seront connus en juin 2003. Ils devraient toutefois soutenir les efforts en matière de sécurité et d’amélioration des conditions de travail des marins. Seules les modernisations comme les ponts couverts seraient encore subventionnées.
Particulièrement attendues, les modalités d’autorisation pour construire du neuf. Après de longues négociations, il ne devrait pas y avoir de grands changements. Actuellement, la législation impose de sortir un bateau de la flotte européenne pour pouvoir en construire un nouveau (pour un bateau de plus de 100 tonneaux, c’est 1,3 bateau qui doit être sorti !). Ce qui laisse deux possibilités :
- détruire le bateau (et acheter une carcasse à détruire pour le 0,3 bateau pour les plus de 100 tonneaux)
- le vendre hors communauté européenne, l’Afrique étant client pour ce genre de produits.
A partir de 2005, la demande de bateaux neufs risque fort de diminuer. Un manque à gagner pour les chantiers navals. En attendant, les projets de construction à court terme se bousculent. Il s’agit de profiter des dernières subventions attribuées.