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Ils sont primés

Tremplins Radio France 2012 : double succès

 

L'iJBA est la seule école à enregistrer cette année un double succès aux Tremplins Radio France 2012 :
Julien Baldacchino est 1er du Tremplin Web et remporte un CDD d'un an à Radio France.
Bastien Deceuninck est 2e du Tremplin Radio et remporte un CDD de six mois à Radio France.
Toutes nos félicitations à ces deux étudiants remarquables.

L'iJBA a déjà remporté le Tremplin Radio France il y a 2 ans grâce au succès de Gabriel Pereira.

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Index de l'article
Arte.tv fait appel à l'IJBA
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1914-1918 : le 'Camp des Nègres' oublié
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1914-1918 : le "Camp des Nègres" oublié


Dès octobre 1914, l’Etat Major des Armées décide d’accroître le recrutement des troupes africaines. En France métropolitaine, deux sites, celui de Fréjus – Saint Raphaël et celui du Courneau en Gironde permettront l’accueil, l’entraînement et la réorganisation des bataillons tirailleurs sénégalais. Retour sur le camp dans le bassin d’Arcachon qui a accueilli 16 000 tirailleurs sénégalais d’avril 1916 à juillet 1917.

16 000 tirailleurs Sénégalais sont passés par le camp de Courneau durant la Grande Guerre. 940 y sont morts. Un taux de mortalité très élevé. Si les historiens ont polémiqué sur le sacrifice des tirailleurs sénégalais au front, personne n’a pensé à ceux qui sont morts dans les camps, à l’arrière du conflit. Des morts moins glorieuses mais tout aussi tragiques. Ils sont morts de maladies car les conditions d’habitation et d’hygiène n’étaient pas adaptées à leur physiologie et à leur mode de vie. Si les historiens locaux ont une lecture neutre des faits recueillis, Salif Koala, historien burkinabé, spécialiste de la question coloniale en fait une analyse accusatrice. Il pointe du doigt l’irresponsabilité de l’Etat français.

Leur quotidien au camp
Jean-Pierre Caule, Jean-Michel Mormone et Patrick Boyer, historiens du Bassin d’Arcachon ont reconstitué les conditions de leur vie grâce à l’étude des courriers, des listes, des cartes postales de l’époque…




Si les tirailleurs sénégalais pensaient risquer leur vie au front à cause des balles, c’est d’abord à cause du climat et des mauvaises conditions d’habitation et d’hygiène dans leur camp d’accueil qu’ils risquaient leur vie.

De simples baraquements en bois
Les bâtiments, destinés à loger la troupe sont des baraques, longues de 30 mètres et larges de 6, peuvent recevoir 60 hommes, parfois plus soit 180 m2 pour 60 hommes. De construction légère, ossature de bois recouverte de toile goudronnée, elles manquent d’étanchéité à l’usage et laissent passer l’eau de pluie. Le sol de ces baraques est fait de terre battue. Le chauffage est assuré par des poêles bois-charbon, l’éclairage par des lampes à carbure et pétrole : les bougies sont interdites. Il n’y a de l’électricité que pour l’hôpital fournie par un groupe électrogène.

Politique d’hygiène insuffisante
"Chaque unité fait nettoyer dès le réveil l’intérieur des édicules de son secteur. Le service d’assainissement du camp fait répandre des produits antiseptiques à l’intérieur et à l’extérieur des édicules…" Malgré une prise de conscience tardive de l’Etat major de l’Armée à la Direction des Troupes Coloniales, le taux de mortalité élevé n’est pas enrayé. On recense 940 décès de juin 1916 à juillet 1917. Beaucoup meurent d’affections pulmonaires. Le personnel médical accueille près de 16.000 combattants en décembre 1916. Et le 72e bataillon de tirailleurs sénégalais, le seul à rester sur le site après le départ général, en paye le prix fort. 170 de ses soldats sont décédés. (Voir encadré a ci-dessous).

Morts à l’arrière

Dès juin 1916, le nombre de décès est suffisamment important pour que l’on décide par arrêté préfectoral du 19.07.1916, de créer un emplacement pour recevoir la sépulture des soldats sénégalais décédés au camp. Cet emplacement est situé sur la section F N°116 du plan cadastral de la commune de La Teste au lieu dit « Natus de haut » à 1 km du camp.


Salif Koala, historien spécialiste de la question coloniale est allé se recueillir en octobre 2008 devant la stèle érigée en 1950. Il a étudié les archives du camp de Courneau. Il donne son sentiment sur la vraie raison de ce gâchis.



 

Pas sur le même pied d’égalité que les militaires français… Dans ce cas, les tirailleurs de ce camp ont payé le prix fort des restes de la colonisation (Voir l'encadré b ci-dessous). Depuis deux ans, on entend beaucoup parler de la cause des tirailleurs de la Seconde guerre mondiale. L’opinion publique leur est acquise grâce au film Indigènes. Du coup, l’Etat français fait un effort avec la hausse des pensions. Pour les descendants des tirailleurs de la Grande guerre, c’est plus compliqué. S’ils voulaient apporter la preuve de leur parenté avec des poilus du camp de Courneau, originaires des quatre coins de l’Afrique de l’Ouest, sans papier d’identité au début du siècle… ce serait comme remonter au front.


Christelle Juteau


Encadré a : Situation sanitaire au camp du Courneau


Date
Nombre d'entrées
à l'hôpital
Nombre de décès
Du 1er au 7 novembre
144
12 (8,33%)
Du 8 au 14 novembre
149
5 (3,36%)
Du 15 au 21 novembre
134
11 (8,21%)
Du 22 au 28 novembre
138
14 (10,1%)
Du 29 novembre au 5 décembre
176
39 (22,2%)

Encadré b : Extraits de courriers des officiers français

Le 1/07/16 un sergent major du 64e BTS écrit :
"A la première compagnie du 64e les races ne sont pas les mêmes. Nous avons des Woloffs, des Baoulés, des Sarakolés, des Sossos, tandis qu’à mon ancienne Cie j’avais des Bambaras, ces derniers sont plus fidèles et plus francs que les Woloffs mais tous marchent bien quand même…"

Le 10/03/17, un autre courrier montre le caractère aigri du rédacteur :
"Me voilà définitivement replongé au milieu des noirs et en plus dans un camp éloigné de 8 km de La Teste petit village qui ne doit son importance qu’au camp qui le fait vivre. Aucune distraction. Tout le cadre ici réclame le front comme faveur."

Sources:

1) Jean-Pierre CAULE, Patrick BOYER, Jean-Michel MORMONE, 1914-1918 Le Bassin d’Arcachon, Société historique et archéologique d'Arcachon et du Pays de Buch, novembre 2008.
2) "L'appel à l'Empire".
3) "A la mémoire de la force noire: un siècle d’histoire"

A lire : Chantal ANTIER-RENAUD et Christian LE CORRE, Les soldats des colonies dans la Première Guerre mondiale, Histoire, Ouest-France, 2008. Eugène-Jean DUVAL, L'épopée de tirailleurs sénégalais, Paris, L'Harmattan, 2005.